Avec certains étudiants qui vont bientôt partir en stage il y a eu un petit lot de copies à corriger et cela m’a fait réfléchir à l’évaluation. Quand j’étais étudiante à Oxford, nous avions eu tout un dossier à réaliser sur ce sujet et je vous avoue qu’à l’époque je ne savais pas bien par quel bout prendre les choses. Mais 20 ans plus tard, ma vision sur le sujet est très claire.
L’évaluation n’est pas une sanction
Pour les élèves en cursus initial ou nos enfants il est facile d’envisager à quoi correspond l’évaluation, que l’on soit pour ou contre, avec des notes, des lettres ou des codes couleurs… Mais dans la formation pour adulte, l’évaluation est un peu floue alors je trouve intéressant de faire un petit point sur ce que nous faisons, mais aussi sur les différents types d’évaluations qui existent.
Le but premier de l’évaluation est de vérifier si l’élève comprend bien, si les notions sont acquises et si on ne va pas trop vite ou trop lentement en tant qu’enseignant. C’est ce qui nous permet de nous adapter au mieux pour répondre aux objectifs que vous vous fixez. Comme vous le voyez dans vos formations parfois nous accélérons ou ralentissons en fonction de vos partages.
Evaluation formative et évaluation sommative
Ainsi, un exercice ou bien vous laissez le temps pour poser vos questions est une évaluation : cela s’appelle l’évaluation formative. En classe c’est pareil, mais la difficulté pour les professeurs est le respect du calendrier pour les relevés de notes avec des dates limites pour les appréciations.
Donner des notes, faire un bilan, est ce qu’on appelle l’évaluation sommative. En fonction de la manière dont elle est perçue, de vos souvenirs d’école, de l’accueil des notes dans vos familles, elle peut provoquer plus ou moins de stress. C’est ce que je vois par exemple quand arrive le moment du test TOEIC dans la formation pour adultes.
Pour ma part, je pense que les deux sont nécessaires car c’est important de s’évaluer et de se positionner par rapport à un groupe ou sur une échelle de niveau. Par expérience, je peux vous dire que bons nombres d’élèves se sous-évaluent en réalité.
Comment bien se préparer à l’évaluation ?
Aborder une évaluation de façon positive n’est pas donné à l’élève seul. En effet, je pense que tous les protagonistes autour de lui, notamment chez les plus jeunes, sont clés.
Tout d’abord l’enseignant qui devra être très clair sur ses attentes, sur le syllabus, sur la manière dont il va noter chaque question… Pour moi cela se fait à chaque cours ou presque en indiquant ce qu’il peut y avoir ou quelle formulation peut être utilisée dans l’évaluation. Cela permettra à l’élève de se sentir prêt le jour J. Une évaluation notée, est factuelle et les critères de notation doivent être clairs. En langue, même une rédaction répond à des critères précis : qualité et précision de la langue (qui sera découpée par niveau A1/A2/B1/B2… selon des références précises détaillées aussi dans les manuels scolaires), articulation des idées, plan clair, références…
Ensuite, l’entourage. Quel accueil sera fait à la maison, à quel type de notes ? Est-ce que finalement le stress ne dépend pas de l’attente de l’entourage, du classement sur Parcoursup… plutôt que de l’évaluation en elle-même ? Recentrer les choses peut éviter la panique lors de l’épreuve par exemple.
Petite anecdote, une élève de Speak-up a par exemple passé le TOEIC 4 fois, et par trois fois n’a pas obtenu le score attendu par son école de commerce à 2 questions près. Lors de son quatrième passage, elle n’avait informé personne de son entourage et elle a performé bien au-delà de ses espérances. En fait elle se mettait elle-même une pression énorme et le fait d’y aller sans en parler lui a permis de limiter le stress au maximum.
Enfin, le positionnement de l’élève. Quel recul peut-il avoir ? Quelle intensité de travail ? Quelle importance aussi accorde-t-il à la matière ? En dehors de l’implication personnelle, nous touchons ici à la méthodologie. Lors des stages d’été, j’ai beaucoup d’élèves de la section scientifique qui finalement ne vont pas assez loin dans leurs explications et c’est pour cela qu’ils perdent des points. En fait, le stage leur permet de comprendre comment justifier/ détailler et surtout donner du sens. D’autres élèves manquent parfois d’organisation dans le classement de leurs notes, du vocabulaire et autre et au final tout se télescope. Certains sont tellement submergés par la difficulté qu’ils finissent par ne plus vraiment ouvrir leurs livres ou cahiers. Le but est d’intervenir avant ce stade.
Conclusion sur l’évaluation
Comme vous le voyez, l’évaluation est un vaste sujet et doit être considéré sous plusieurs angles.
Pour les parents, je vous dirais que beaucoup de choses peuvent être faites avec vos enfants pour redresser des situations qui peuvent paraître dramatique.
Pour vous apprenants de tous les âges, vous verrez que l’élève que vous étiez et qui ne percevait pas l’utilité de l’anglais ou qui avait peur du résultat et des conséquences à la maison, a laissé la place à un adulte qui fait le choix d’apprendre à nouveau. La situation, les objectifs et le contexte sont différents et les résultats seront eux aussi différents !



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